Dr Shankar Raghunath Phatak est l’un des auteurs homéopathiques les plus respectés du XXe siècle pour sa rigueur clinique, sa précision analytique et sa capacité à condenser l’essentiel des remèdes dans un format pratique et facilement exploitable. Médecin indien de formation classique, il a su intégrer les enseignements de Hahnemann, Kent, Boger et Clarke dans une synthèse claire, concise et hautement fonctionnelle.
Né en 1887 dans l’État du Maharashtra, en Inde, S. R. Phatak reçoit une formation médicale rigoureuse, puis se tourne résolument vers l’homéopathie, qu’il pratique et enseigne pendant plus de cinquante ans. Il est influencé très tôt par les œuvres de C. M. Boger, dont il adopte la méthodologie analytique, en particulier la prise en compte des modalités générales, des concomitants et des organotropismes.
Sa pratique clinique est marquée par un grand souci de simplicité, de clarté et de logique déductive. Il refuse l’emphase et les spéculations non vérifiables. Il cherche à aider le praticien à s’orienter rapidement dans un cas, à dégager l’essentiel du remède, et à utiliser la matière médicale comme un outil clinique, non comme une accumulation encyclopédique.
Son œuvre principale, Phatak’s Materia Medica, est un modèle du genre. Chaque remède y est présenté de manière concise, avec une sélection rigoureuse des symptômes les plus caractéristiques : symptômes généraux, mentaux, modaux, et quelques localisations spécifiques. Il y ajoute des relations entre remèdes, des remarques comparatives, et des notes cliniques pratiques. Ce livre est devenu l’un des ouvrages les plus utilisés par les praticiens indiens, et a été largement adopté dans les cursus universitaires.
Phatak publie également un Concise Repertory of Homoeopathic Medicines, qui condense les éléments clés du répertoire de Kent et de Boger. Il y propose une structure rationalisée, pensée pour le praticien de terrain. D’autres ouvrages comme Philosophy of Homoeopathy, Selected Papers, et A Treatise on Clinical Materia Medica viennent compléter sa contribution.
Il meurt en 1968, laissant une œuvre considérable, marquée par l’intégrité, la clarté et le sens pratique. Son nom reste indissociable de l’homéopathie indienne moderne, et il est souvent cité aux côtés de Boger, Choudhuri et Sankaran père comme l’un des architectes d’une homéopathie sobre, efficace et rationnelle, pleinement enracinée dans la tradition hahnemannienne mais adaptée aux besoins concrets du praticien.
