Narayan Mohanty Choudhuri, est l’un des homéopathes indiens les plus influents du début du XXe siècle. Son nom reste attaché à un ouvrage pédagogique majeur : A Study on Materia Medica, encore largement utilisé dans les écoles homéopathiques du monde entier. Clinicien respecté, professeur réputé et auteur clairvoyant, il appartient à la première génération d’homéopathes indiens formés à la fois dans la tradition britannique et dans l’esprit rigoureux de Hahnemann, Kent et Boger.
N. M. Choudhuri naît en 1892 à Calcutta, dans le Bengale britannique. Il effectue ses études médicales au Calcutta Homoeopathic Medical College, l’un des premiers établissements d’enseignement homéopathique en Inde. Il s’impose rapidement comme l’un des meilleurs étudiants de sa promotion, en raison de ses qualités d’analyse, de sa mémoire et de son attachement profond aux principes de la matière médicale. Il étudie avec passion les écrits de Hahnemann, Boenninghausen, Kent, Boger et Farrington, auxquels il fait de nombreuses références dans ses propres ouvrages.
Choudhuri devient professeur au Calcutta Homoeopathic College, où il enseigne la matière médicale et la philosophie homéopathique. Son style est didactique, méthodique, et toujours tourné vers la compréhension vivante du remède. Contrairement à d’autres auteurs qui se contentent de reproduire les pathogénésies sous forme brute, il cherche à en faire émerger la logique, la dynamique et la psychologie interne. Il excelle à dégager l’image centrale du médicament tout en mettant en évidence les modalités, les organotropismes, les relations différentielles et les usages cliniques.
Son œuvre principale, A Study on Materia Medica, est publiée dans les années 1930 et connaît un immense succès. Elle présente près de 100 remèdes majeurs sous forme de monographies synthétiques, accessibles, mais précises. Chaque remède y est présenté selon un plan clair : tempérament, indications générales, symptômes mentaux, localisations organiques, modalités, et signes caractéristiques. Il s’efforce toujours de relier les symptômes mentaux aux manifestations physiques, une démarche héritée de Kent, mais appliquée avec sobriété. L’ouvrage est très apprécié des étudiants, car il fournit une vue d’ensemble concise mais intelligente de chaque remède, sans sacrifier la profondeur.
Choudhuri insiste sur l’importance du raisonnement clinique, de la prescription centrée sur l’individu, et de l’expérience directe du praticien. Il encourage les étudiants à observer, à écouter, à confronter leurs choix thérapeutiques à l’évolution du malade, et à ne jamais s’éloigner de la méthode hahnemannienne authentique, fondée sur l’observation et la similitude.
Il meurt prématurément en 1944, à l’âge de 52 ans. Sa disparition est ressentie comme une perte considérable dans le milieu homéopathique indien, alors en pleine expansion. Il laisse toutefois une œuvre durable, qui continue à former des générations d’homéopathes, en Inde comme à l’étranger.
N. M. Choudhuri incarne une synthèse entre la rigueur scientifique, la clarté pédagogique et l’intuition clinique. Son Study on Materia Medica est encore aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs manuels de niveau intermédiaire pour aborder la matière médicale de manière structurée et compréhensive. Il occupe une place centrale dans le courant de l’homéopathie classique indienne, qui conjugue fidélité doctrinale et exigence de clarté.
