Antonio Negro est l’un des piliers de l’homéopathie classique italienne du XXe siècle. Né à Rome en 1908, il exerce comme médecin homéopathe durant plus de 70 ans, jusqu’à un âge très avancé. Il est reconnu comme le père fondateur de l’école homéopathique classique en Italie, et a joué un rôle déterminant dans sa structuration universitaire et clinique.
Formé initialement en médecine conventionnelle, il découvre l’homéopathie dans les années 1930. À cette époque, l’homéopathie italienne est peu développée. Negro décide alors de se rapprocher des grands maîtres européens, et c’est auprès de Pierre Schmidt qu’il reçoit une formation directe et rigoureuse. Il adopte fidèlement la méthode uniciste : prescription d’un remède unique, hautes dynamisations, prise en compte des symptômes mentaux et généraux.
Dans les années 1950–1970, il contribue à :
- L’enseignement universitaire de l’homéopathie à Rome,
- La fondation d’écoles italiennes classiques,
- La traduction et diffusion des textes fondamentaux (Hahnemann, Kent, Boenninghausen).
Il écrit plusieurs ouvrages pédagogiques et fonde des structures de consultation clinique où il forme personnellement de nombreux élèves. Sa méthode est précise, analytique, fidèle à Hahnemann et Kent, mais ouverte aux observations cliniques modernes. Il a su adapter l’enseignement à l’esprit latin, en alliant rigueur et humanisme.
Antonio Negro s’est également illustré dans la défense institutionnelle de l’homéopathie en Italie, plaidant pour sa reconnaissance dans le système de santé et pour la formation des médecins. Il a participé à de nombreux congrès internationaux et reste une figure respectée dans toute l’Europe.
Il meurt en 2010, à l’âge exceptionnel de 102 ans, après avoir exercé pendant près de 80 ans. Son influence perdure dans les écoles classiques italiennes actuelles, notamment celles de Roberto Petrucci, Massimo Mangialavori, ou Sergio Sieri, qui se réclament tous plus ou moins de son héritage.
Antonio Negro incarne la transmission vivante et structurée de l’homéopathie hahnemannienne en Italie, dans la lignée directe de Pierre Schmidt, avec qui il forma un axe Genève–Rome décisif dans la renaissance européenne de l’homéopathie.
